Le Bénin se dote d’un cadre protocolaire entièrement repensé. À travers le décret n°2026-107 du 11 mars 2026, le président Patrice Talon établit une hiérarchie précise des autorités publiques. Objectif : clarifier les règles de préséance et harmoniser l’organisation des cérémonies officielles sur toute l’étendue du territoire.
Le gouvernement béninois a franchi une nouvelle étape dans la structuration de l’État en adoptant un décret fixant un ordre protocolaire détaillé. Ce texte définit désormais une hiérarchie officielle regroupant 68 catégories de personnalités, allant des plus hautes autorités de la République aux responsables locaux.
Au sommet de cette organisation figure le Président de la République en exercice, suivi du Président élu non encore investi, puis du Vice-Président. Une innovation majeure réside dans la place accordée au Président du Sénat, désormais classé devant le Président de l’Assemblée nationale, traduisant l’évolution institutionnelle issue de la révision constitutionnelle de décembre 2025.
Les anciens chefs d’État et leurs adjoints conservent une position de premier plan, en fonction de l’ancienneté de leur mandat. Ils sont suivis par les présidents des grandes juridictions – Cour constitutionnelle, Cour suprême, Cour des comptes et Haute Cour de justice – ainsi que par les responsables d’institutions constitutionnelles et organes de régulation. Les membres du gouvernement, parlementaires, hauts fonctionnaires et cadres administratifs s’insèrent ensuite dans cette chaîne hiérarchique selon leur rang.
Le décret précise également les règles strictes d’application du protocole. Il stipule notamment que les rangs ne sont pas transférables : un représentant ne peut prétendre au rang de l’autorité qu’il remplace, sauf dans le cas spécifique du Président de la République. En revanche, les personnalités exerçant des fonctions intérimaires bénéficient du rang correspondant à leur position temporaire. Par ailleurs, toute personne occupant plusieurs fonctions est classée selon son poste actuel, à l’exception des anciens présidents.
Autre innovation notable : l’introduction d’une modulation territoriale. Les préfets conservent la préséance au niveau départemental, tandis que les maires sont prioritaires dans leur commune, sauf en présence d’une autorité de rang supérieur. Ce dispositif vise à adapter le protocole aux réalités locales tout en maintenant la cohérence nationale.
Enfin, le texte encadre minutieusement le déroulement des cérémonies officielles, notamment l’ordre d’arrivée, d’installation et de départ des personnalités lors des manifestations présidées par le Chef de l’État.
Avec cette réforme, le Bénin se dote d’un outil moderne et structurant pour la gestion des événements publics, renforçant ainsi la lisibilité de l’action institutionnelle et le respect des symboles républicains.
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