Comprendre les racines et les conséquences d’un phénomène persistant
Dans les rues animées de Cotonou, la mendicité est devenue un spectacle quotidien. Si elle attire parfois la compassion, elle révèle surtout des réalités sociales et économiques préoccupantes. Derrière chaque mendiant, il y a une histoire de précarité, de migration ou de vulnérabilité.
Les causes profondes
La pauvreté extrême et le chômage demeurent les principales causes de la mendicité dans la capitale béninoise. À ces facteurs économiques s’ajoutent des conditions environnementales difficiles, notamment la sécheresse dans la région du Sahel. De nombreux migrants sahéliens, fuyant famine et désertification, se retrouvent ainsi à mendier à Cotonou.
Les Béninois eux-mêmes ne sont pas épargnés. L’absence de revenus stables et les difficultés économiques poussent certaines familles à envoyer leurs enfants mendier ou, dans les cas les plus dramatiques, à les abandonner dans la rue. Ces enfants, exposés aux dangers de la rue, deviennent l’une des populations les plus vulnérables de la ville.
Entre religion et pratiques sociales
Dans de nombreuses religions, l’aumône est perçue comme un acte de solidarité et de piété. Mais cette tolérance religieuse est parfois détournée : certains mendiants en font une source de revenus. De plus, de nouvelles formes de mendicité émergent, notamment chez des jeunes qui inventent des situations d’urgence pour susciter la générosité des passants.
La réponse de l’État
Face à l’ampleur du phénomène, le gouvernement béninois a mis en place des mesures ambitieuses pour lutter contre la mendicité. Parmi elles, l’opération « zéro mendiant » et la création de centres de transit destinés à accueillir et à prendre en charge les personnes vulnérables, y compris les enfants et les migrants étrangers.
Ces centres, comme celui de Kpomassè, proposent :
- L’hébergement et la nourriture,
- Les soins médicaux,
- L’éducation et la formation professionnelle,
- La réinsertion sociale et professionnelle,
- Le rapatriement pour les étrangers.
L’objectif est clair : offrir un accompagnement structuré et permettre aux bénéficiaires de retrouver une vie digne et autonome.
Vers des solutions durables
Pour éradiquer durablement la mendicité, il ne suffit pas de multiplier les opérations policières. Il est impératif de s’attaquer aux causes profondes : la pauvreté, le chômage et la marginalisation sociale. Les efforts du gouvernement doivent être renforcés par des initiatives de développement économique, des programmes de formation et une sensibilisation de la population sur la protection des droits des personnes vulnérables.
Seule une approche globale, combinant assistance immédiate et développement à long terme, pourra réduire l’ampleur de la mendicité à Cotonou et offrir un avenir plus sûr aux populations les plus fragiles.
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