Pour la deuxième année consécutive, et comme cela se produit périodiquement depuis plusieurs décennies, le calendrier religieux offre au Bénin une coïncidence singulière : le Ramadan musulman et le Carême chrétien débutent presque simultanément, autour des 17 et 18 février 2026. Un chevauchement porteur de sens, de spiritualité et de dialogue interreligieux.
Une convergence de calendriers spirituels
En 2026, les fidèles musulmans et chrétiens entameront leurs grandes périodes de jeûne et de recueillement pratiquement au même moment. Le Ramadan, dont le début est attendu entre les 17 et 18 février, coïncide avec l’entrée en Carême catholique prévue le 18 février 2026, date du Mercredi des Cendres.
Cette convergence, déjà observée l’année précédente, rappelle le caractère cyclique des calendriers religieux et la proximité symbolique de deux démarches spirituelles majeures.
Le Ramadan, un mois de discipline et de purification
Pour les musulmans, le Ramadan est un temps sacré de purification du corps et de l’âme. Du lever au coucher du soleil, les fidèles s’abstiennent de manger, de boire et s’efforcent d’adopter un comportement empreint de patience, de solidarité et de piété.
« Le jeûne du Ramadan est une obligation religieuse. Il fait partie des cinq piliers de l’islam et vise à renforcer la foi et la discipline spirituelle », explique Mamoudou Idjilé, musulman pratiquant.
Le Carême, un chemin de conversion intérieure
Du côté chrétien, le Carême marque quarante jours de prière, de pénitence et de partage, conduisant à la célébration de Pâques. Il invite les fidèles à une introspection profonde et à un dépouillement volontaire.
« Le Carême nous prépare à la fête de la Résurrection. En nous appelant à la sobriété et au détachement, il ouvre nos cœurs à l’essentiel », confie Eloïse Agossou, fidèle catholique rencontrée aux abords de l’église Saint-François-Xavier de Porto-Novo.
Des valeurs communes au-delà des différences
Malgré leurs fondements théologiques distincts, le Ramadan et le Carême reposent sur des valeurs partagées : la foi, le sacrifice, la solidarité, l’amour du prochain et la recherche d’une élévation spirituelle.
Ces périodes sont, pour les croyants, des moments privilégiés pour se recentrer, renforcer leur relation à Dieu et poser des actes concrets de charité.
Une relecture contemporaine par les jeunes générations
Aujourd’hui, ces pratiques religieuses connaissent également une relecture moderne. Les jeunes générations y associent des préoccupations sociales et environnementales, notamment la sobriété et la responsabilité collective.
« Les enjeux écologiques redonnent du sens au Carême, car ils rejoignent la réflexion sur les limites, la modération et le respect de la création », souligne encore Eloïse Agossou.
Une opportunité de dialogue et de fraternité
Au-delà de la symbolique religieuse, ce chevauchement du Ramadan et du Carême constitue une occasion unique de renforcer le dialogue interreligieux au Bénin. Il rappelle la coexistence pacifique des confessions et l’importance de la tolérance, de la compréhension mutuelle et du vivre-ensemble.
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