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Ministres élus députés lors de la 10e législature au Bénin

Quel impact sur l’exécutif ?

Quel impact sur l’exécutif ?

Un remaniement ministériel avant le départ de Patrice Talon ?

À l’issue des élections législatives organisées le 11 janvier 2026, quatre membres du gouvernement de Patrice Talon ont été élus députés à l’Assemblée nationale pour siéger au sein de la 10e législature, installée officiellement le 8 février 2026.

Parmi les candidats de la mouvance présidentielle, quatre ministres en exercice ont remporté un siège parlementaire :

Abdoulaye Bio Tchané, ministre d’État chargé du Développement et de la coordination de l’action gouvernementale ;

Éléonore Yayi Ladekan, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique ;

Alimatou Shadiya Assouman, ministre de l’Industrie et du Commerce ;

Jean-Michel Abimbola, ministre du Tourisme, de la Culture et des Arts.

Cette présence notable de membres de l’exécutif au sein du Palais des Gouverneurs, majorité des députés revenant aux partis de la mouvance présidentielle, révèle une forte cohésion politique entre gouvernement et législatif à l’aube de cette nouvelle législature dominée par l’Union Progressiste le Renouveau (UP-R) et le Bloc Républicain (BR).

Débats sur l’incompatibilité et remaniement ministériel

La situation a immédiatement relancé les débats politiques sur la conduite de l’action gouvernementale dans les prochains mois. Selon le code électoral béninois, un ministre élu député est soumis à une règle d’incompatibilité entre fonctions exécutives et parlementaires, ce qui pousse de nombreux observateurs à s’interroger : ces ministres vont-ils conserver leur portefeuille ministériel ou opter pour leur siège parlementaire ?

Pour l’heure, le gouvernement a indiqué qu’aucun remaniement majeur n’est envisagé à très court terme. Le porte-parole de l’exécutif a souligné qu’à moins de deux mois de l’élection présidentielle du 12 avril 2026, un remaniement profond ne serait pas opportun, arguant que transformer l’équipe gouvernementale à l’approche de cette échéance pourrait créer davantage d’instabilité qu’il n’en résoudrait.

Un gouvernement stable malgré les départs ?

Cette position gouvernementale contraste avec une tradition politique béninoise qui veut que les ministres élus au Parlement démissionnent de leurs fonctions exécutives. Si certains choisiront de siéger à l’Assemblée nationale, ceux qui conservent leurs fonctions ministérielles devront clarifier leur statut dans les jours à venir, sous peine de nourrir une polémique institutionnelle.

Par ailleurs, l’adoption récente de réformes constitutionnelles renforçant le rôle du Parlement dans la vie politique béninoise renforce l’intérêt du poste de député.

À quoi s’attendre d’ici avril ?

Alors que le mandat de Patrice Talon touche à sa fin en avril 2026, la question d’un remaniement ministériel , même partiel, reste ouverte. Les prochains jours seront décisifs pour déterminer si le président choisira de maintenir ses ministres élus dans leurs portefeuilles ou de procéder à des nominations afin de libérer des postes pour les futurs députés.

Pour l’opposition et certains analystes politiques, une adaptation de l’équipe gouvernementale est inévitable, ne serait-ce que pour se conformer aux contraintes légales et pour préparer la transition à venir. D’autres estiment que l’exécutif privilégiera une période de stabilité jusqu’à l’investiture du prochain président.

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