Du 1er au 15 février, conformément aux dispositions du Code électoral et aux textes régissant l’organisation des collectivités territoriales au Bénin, les conseils communaux issus des dernières élections locales procèdent à la désignation et à l’installation des maires et de leurs adjoints. Une étape institutionnelle majeure de la vie démocratique locale, mais qui se déroule cette année dans une atmosphère pour le moins étonnante : celle d’une indifférence quasi totale des partis politiques.
Une obligation légale, sans ferveur politique
La loi est pourtant claire. Une fois les conseillers communaux installés, ceux-ci disposent d’un délai précis pour élire le maire et ses adjoints. Le calendrier du 1er au 15 février n’est donc ni une option ni une simple formalité administrative, mais une exigence légale destinée à garantir la continuité de l’action publique au niveau local.
Malgré cet enjeu, aucune effervescence particulière n’est observée sur le terrain politique. Pas de grandes déclarations, peu ou pas de communication officielle, encore moins de débats publics sur les profils appelés à diriger les communes pour les prochaines années. Les états-majors des partis semblent avoir rangé ce moment pourtant stratégique au second plan.
Des partis politiques étrangement silencieux
Traditionnellement, la désignation des maires est un moment fort de positionnement politique. Elle permet aux partis de démontrer leur ancrage territorial, de valoriser leurs cadres et de donner une orientation claire à la gouvernance locale. Cette fois-ci, le silence est assourdissant.
Ni mobilisation militante, ni consignes publiques claires, ni pédagogie politique autour des choix opérés. Les décisions semblent se prendre dans une discrétion presque totale, loin des bases et sans véritable effort d’explication aux populations.
Une démocratie locale en mode automatique ?
Cette situation interroge. Assiste-t-on à une banalisation excessive de la fonction de maire, pourtant pivot du développement communal ? Ou à une centralisation politique telle que les enjeux locaux ne suscitent plus d’intérêt particulier au sein des partis ?
À force de réduire ces étapes à de simples formalités dictées par la loi, le risque est grand de vider la démocratie locale de sa substance politique et citoyenne. Car au-delà de la conformité juridique, la désignation des maires devrait être un moment de dialogue, de projection et de responsabilité envers les électeurs.
Le respect de la loi ne suffit pas
Si le respect des délais légaux du 1er au 15 février est une nécessité républicaine, il ne saurait à lui seul tenir lieu d’engagement politique. Les partis sont attendus non seulement sur la légalité des procédures, mais aussi sur la vision qu’ils portent pour les communes et sur la qualité des hommes et des femmes qu’ils choisissent pour les diriger.
En l’état, la désignation et l’installation des maires se font, certes, conformément à la loi, mais dans un climat de désintérêt politique préoccupant. Un signal faible pour une démocratie locale qui gagnerait pourtant à être vivante, lisible et pleinement assumée.
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