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LUTTE CONTRE L’ESSENCE KPAYO AU BÉNIN

Mini-stations d’essence : l’offensive silencieuse du gouvernement s’intensifie

Mini-stations d’essence : l’offensive silencieuse du gouvernement s’intensifie

À Porto-Novo, longtemps considérée comme un bastion de la vente informelle de carburant, le déploiement des mini-stations d’essence s’accélère. Une stratégie progressive mais déterminée du gouvernement béninois pour encadrer, sécuriser et à terme assainir un secteur aussi vital que dangereux.

À Porto-Novo, l’un des principaux foyers de la vente d’essence frelatée communément appelée kpayo, un changement discret mais profond est en cours. Le long des voies goudronnées, de nouvelles mini-stations d’essence poussent progressivement, dessinant une nouvelle cartographie de la distribution du carburant dans la capitale politique du Bénin.

Après Cotonou et d’autres communes du Grand Nokoué, Porto-Novo, longtemps perçue comme réticente à cette politique publique, est désormais pleinement intégrée dans la stratégie gouvernementale de formalisation du secteur informel de l’essence. Une politique menée sans fracas, mais avec constance.

Sécuriser, formaliser, protéger

À travers le déploiement de ces mini-stations, l’État béninois poursuit plusieurs objectifs majeurs : réduire drastiquement les incendies meurtriers causés par le stockage anarchique de carburant, sécuriser les points de vente, protéger les populations riveraines et structurer un secteur informel devenu incontournable dans la mobilité quotidienne des citoyens.

Installées sur des socles en béton, couvertes et répondant à des normes de sécurité minimales, ces mini-stations visent prioritairement les zones urbaines denses et les localités dépourvues de stations-service classiques. Elles constituent une alternative intermédiaire entre l’informel pur et le réseau pétrolier traditionnel.

Des impacts attendus, mais des inquiétudes persistantes

Sur le plan sécuritaire et environnemental, les effets attendus sont considérables : baisse des risques d’explosion, diminution des incendies domestiques, réduction de la pollution par les vapeurs d’hydrocarbures et amélioration des conditions de travail des vendeurs.

Cependant, des réserves demeurent. Le regroupement de plusieurs vendeurs autour d’une même mini-station soulève des interrogations sur la gestion collective, le partage des bénéfices et la rentabilité individuelle. À cela s’ajoutent des zones d’ombre sur la provenance exacte du carburant et sur les mécanismes de fixation des prix, souvent jugés proches de ceux du circuit informel.

Entre résistances et transition contrôlée

Face aux contraintes imposées par ce nouveau modèle, certains acteurs de la contrebande menacent d’abandonner l’activité, estimant que les conditions de regroupement et de contrôle limitent leur autonomie. Mais pour le gouvernement, l’objectif est clair : faire disparaître progressivement le kpayo au profit d’un système hybride, mieux encadré, plus sûr et plus compatible avec les exigences de sécurité publique.

À terme, ce sont près de 10 000 mini-stations qui devraient être déployées sur l’ensemble du territoire national. À ce jour, 2 000 unités ont déjà été livrées, témoignant de l’ampleur et de la détermination de cette réforme structurelle.

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