Derrière les sourires et les plateaux servis avec agilité, les serveuses des buvettes au Bénin mènent un combat silencieux. Soumises à des horaires éreintants, à l’absence de protection sociale et à des risques multiples, ces femmes vivent une réalité professionnelle souvent marquée par la précarité et le manque de reconnaissance.
Un emploi exigeant et instable
Dans les buvettes et bars à travers le pays, les serveuses travaillent dans des conditions qui relèvent plus de la survie que du confort. Les journées commencent souvent tôt et se terminent tard, incluant les week-ends et les jours fériés. Entre les clients exigeants, les va-et-vient incessants et les longues stations debout, le métier réclame endurance, patience et résistance physique. Pourtant, malgré cette charge de travail, peu bénéficient d’un contrat formel. Le secteur étant largement informel, l’emploi reste instable, les salaires dérisoires et les congés inexistants.
Des risques multiples et un encadrement quasi absent
L’absence de protection sociale place ces femmes dans une grande vulnérabilité. Sans couverture médicale ni sécurité de l’emploi, elles sont exposées à la fois aux accidents professionnels et aux abus. Certaines subissent du harcèlement ou des propositions indécentes de la part de clients ou de leurs employeurs. Les risques de maladies sexuellement transmissibles, le stress chronique et la fatigue physique aggravent encore leur précarité. Dans les buvettes, la frontière entre vie professionnelle et vie privée est souvent floue, et les dérives ne sont pas rares.
Une loi encore peu appliquée
La loi n° 2017-05 du 29 août 2017, qui fixe au Bénin les conditions d’embauche et de travail, prévoit pourtant des protections pour tous les travailleurs. Elle vise à concilier flexibilité économique et sécurité sociale. Mais dans les faits, son application dans le secteur informel reste un défi majeur. La majorité des serveuses ignorent même l’existence de ce texte, faute d’information et d’accompagnement.
Vers une reconnaissance du métier ?
Pour améliorer leur sort, des mesures de protection sociale et des actions de sensibilisation s’imposent. Reconnaître la valeur de ce métier et l’intégrer dans le cadre formel du travail béninois permettrait non seulement de protéger ces femmes, mais aussi de revaloriser une activité essentielle à la vie sociale et économique locale. Car derrière chaque verre servi, se cache une femme qui mérite dignité, respect et sécurité.
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