La nouvelle configuration de l’Assemblée nationale issue des dernières législatives consacre une réalité politique implacable : le parti Les Démocrates, principal porte-voix de l’opposition béninoise, est absent de l’hémicycle. Une contre-performance lourde de sens pour une formation qui revendiquait un ancrage électoral réel mais qui, au moment décisif, n’a pas su franchir le seuil institutionnel imposé par le cadre électoral en vigueur. La dispersion des suffrages, conjuguée à une stratégie peu adaptée aux règles du jeu, a eu raison de ses ambitions parlementaires.
Le poids du leadership historique
Au cœur de cette déconvenue se pose la question de la forte personnalisation du parti autour de l’ancien président Thomas Boni Yayi. Si son aura demeure indéniable, son omniprésence dans la communication et l’orientation politique du parti semble aujourd’hui produire l’effet inverse de celui recherché. Dans un contexte politique de plus en plus structuré, la dépendance excessive à une figure emblématique a montré ses limites. Le parti a peiné à s’imposer comme une organisation collective capable de se renouveler et de conquérir de nouveaux territoires électoraux, notamment là où son influence s’est progressivement érodée.
Un tournant décisif pour l’opposition
L’échec électoral sonne comme un avertissement sérieux. L’opposition fondée uniquement sur la critique du pouvoir en place ne suffit plus à assurer une présence durable sur la scène institutionnelle. Pour espérer rebondir, Les Démocrates devront engager une profonde mutation : ouvrir la voie à une nouvelle génération de leaders, clarifier leur projet de société et bâtir une véritable machine politique, disciplinée et structurée. À défaut de cette transformation, le parti risque de s’installer durablement en marge du jeu politique national.
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