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Une voix qui compte

La fermeté républicaine de Nicaise Fagnon

La fermeté républicaine de Nicaise Fagnon

Le député Nicaise Kotchami Fagnon (UPR) impose sa voix au cœur d’un moment politique décisif au Bénin : alors que l’opposition multiplie les accusations de fraude, il rappelle que l’enjeu dépasse les personnalités et vise le cadre même de notre démocratie.

1. Un contexte de défi institutionnel

La révision constitutionnelle adoptée le 14 novembre 2025 marque une étape majeure dans la vie politique béninoise. Parmi les principales mesures : le passage du mandat présidentiel de 5 à 7 ans, l’allongement des mandats parlementaires et locaux à 7 ans, et la création d’une chambre haute, un Sénat. Ces changements ont été votés dans une ambiance de débats tendus et de critiques fortes de l’opposition.

Dans ce contexte, les accusations de fraude portées par le parti Les Démocrates (LD) contre certains représentants de la majorité ont pris une dimension symbolique. Mais pour Fagnon, le débat ne peut se contenter de dénonciations ciblées. Il voit « le ver dans le fruit » : non pas seulement des erreurs isolées, mais un mécanisme de gouvernance révisé qui transforme la donne démocratique.

2. Au-delà des acteurs : les règles du jeu

Dans son intervention, Fagnon oppose à la logique de « bouc émissaire » qu’il impute à l’opposition une vision plus globale : « Le ver est dans le fruit. »

Ce slogan dramatique ne vise pas seulement les députés ou les partis ; il dénonce un système que l’on modifie sans regard suffisant pour ses implications. Il estime que la création d’un Sénat ou l’allongement des mandats ne sont pas des fins en soi mais doivent être considérés sous la condition suivante : « à condition qu’il serve la nation et non des intérêts partisans. »

Son message s’adresse donc à tous :

aux élus, en les invitant à exercer leur mandat avec conscience et responsabilité ;

aux citoyens, en les conduisant à interroger non seulement « qui » a dévié, mais « quel système » nous voulons.

Cette approche repositionne le débat : il ne s’agit pas uniquement de mettre un nom sur une accusation, mais de mesurer l’institution.

3. Transparence et responsabilité : une exigence institutionnelle

Fagnon ne se contente pas de la critique : il propose des actes symboliques. Lors du vote sur la recevabilité du texte constitutionnel, il a suggéré le scrutin secret pour que chaque parlementaire rende compte à sa conscience. Il a ainsi voulu incarner l’idée que la démocratie n’est pas seulement un jeu de majorités, mais un engagement individuel et collectif.

« Chacun est responsable », martèle-t-il.

Cette posture vise à restaurer un lien de confiance entre les élus et le peuple, en montrant que les institutions ne sont pas des propriétés partisanes, mais des biens communs.

4. À l’opposition : le défi de la proposition

Si Fagnon critique la stratégie de l’opposition visant à désigner des boucs émissaires, il ne la condamne pas. Il reconnaît son rôle : alerter sur les dysfonctionnements, sur les risques. Mais il lui reproche de s’arrêter à la dénonciation.

« Pointer les fautes sans offrir de solution, c’est participer à l’affaiblissement de la démocratie. »

L’opposition doit, selon lui, formuler des propositions concrètes, s’engager dans la co-construction, plutôt que de rester dans la posture du dénonciateur. Dans un moment où le cadre institutionnel se redessine, ce rôle devient primordial.

5. Un appel aux citoyens : redéfinir le contrat démocratique

Enfin, Fagnon adresse aux citoyens béninois un appel fort : « Quel système voulons-nous ? »

Plus encore que « qui a triché ? », il s’agit de refonder notre manière d’élire, de décider, de contrôler. Le débat n’est plus uniquement à l’assemblée, il est dans la société, dans chaque commune, dans chaque bureau de vote.

En avançant cette piste, Fagnon replace la démocratie au-delà de ses symboles : elle devient une exigence, un contrat vivant entre élus et électeurs, entre institution et nation.

Cet éditorial retient que Nicaise Fagnon n’est pas simplement un acteur défensif de la majorité : il se positionne comme gardien d’un modèle républicain. Il met l’accent sur la responsabilité collective, l’importance des institutions et la qualité du débat démocratique.

Alors que le Bénin entre dans une nouvelle ère constitutionnelle, il estime que l’on ne peut plus se contenter de désigner des coupables : il faut réinventer le contrat démocratique.

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