La scène politique béninoise a connu une effervescence particulière à la fin de l’année 2025, prélude à une élection présidentielle décisive prévue pour le mois d’avril 2026. Ce scrutin interviendra dans un contexte institutionnel et sécuritaire inédit, quelques semaines seulement après les élections législatives organisées le 11 janvier 2026.
À la tête de l’État depuis 2016, le président Patrice Talon achève son second et dernier mandat constitutionnel. À maintes reprises, il a réaffirmé son engagement à respecter la limitation des mandats, excluant toute modification de la Constitution à des fins de reconduction personnelle. Le scrutin présidentiel de 2026 sera ainsi le premier à se tenir sous l’empire de la nouvelle Constitution révisée en novembre 2025.
Une réforme constitutionnelle majeure
Adoptée dans la nuit du 14 au 15 novembre 2025 par l’Assemblée nationale, avec 90 voix pour et 19 contre, la révision constitutionnelle a profondément remodelé l’architecture institutionnelle du pays. Parmi les changements majeurs figure le passage de la durée du mandat présidentiel de cinq à sept ans, tout en maintenant la limitation à deux mandats consécutifs.
La réforme prévoit également la création d’un Sénat, appelé à devenir la chambre haute du Parlement. Celui-ci sera composé à la fois de membres élus au suffrage direct et de personnalités nommées par le président de la République. Les mandats parlementaires et locaux sont désormais fixés à sept ans, sans limitation du nombre de renouvellements.
Autre innovation notable : l’instauration de la discipline de parti. Désormais, tout député quittant la formation politique sous laquelle il a été élu perd automatiquement son mandat. Enfin, la Constitution instaure une « trêve politique » de six ans, s’étendant de la proclamation des résultats présidentiels jusqu’à un an avant la prochaine échéance électorale, période durant laquelle toute activité politique à visée électorale ou compétitive est proscrite.
Des candidatures attendues, une bataille annoncée
Dans ce nouveau cadre institutionnel, les principaux protagonistes de la présidentielle du 10 avril 2026 se positionnent déjà. Les duos Romuald Wadagni – Mariam Chabi Talata Zimé Yérima, et Paul Hounkpè – Rock Judicaël Hounwanou, sont officiellement en lice et se tiennent prêts pour l’affrontement électoral.
En revanche, la candidature de Renaud Agbodjo, portée par le parti Les Démocrates, a été invalidée à la suite du retrait du parrainage de l’un des 28 députés de cette formation, un coup dur pour l’opposition.
Un climat politique fragilisé par les tensions sécuritaires
Le contexte électoral reste marqué par la tentative de coup d’État survenue le 7 décembre 2025, caractérisée par une attaque contre la résidence présidentielle à Cotonou. L’opération a échoué face à la riposte des forces loyalistes, soutenues par une intervention militaire du Nigeria et de la CEDEAO, ainsi que par un appui technique de la France. À la suite de ces événements, plusieurs figures de l’opposition ont été interpellées, soupçonnées de liens avec cette tentative de déstabilisation.
Les règles du scrutin
Conformément à la Constitution en vigueur, le président de la République du Bénin est élu au suffrage universel direct, au scrutin uninominal majoritaire à deux tours, pour un mandat de sept ans renouvelable une seule fois. Les candidats doivent obligatoirement réunir les parrainages d’au moins 10 % du collège électoral composé des 109 députés et des 77 maires, soit un minimum de 19 parrainages.
À l’approche de cette échéance cruciale, l’élection présidentielle de 2026 s’annonce comme un tournant majeur pour l’avenir politique, institutionnel et démocratique du Bénin.
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