La décision de Boni Yayi de quitter la direction du parti Les Démocrates continue de susciter des réactions au sein de la classe politique béninoise. Invité sur la chaîne Canal 3 Bénin ce dimanche 8 mars 2026, Léon Basile Ahossi, ancien vice-président de la formation politique, s’est montré particulièrement préoccupé par l’avenir du parti d’opposition.
Des explications jugées peu convaincantes
Pour justifier son retrait, Boni Yayi a évoqué des raisons liées à son état de santé. Une explication que conteste toutefois Léon Basile Ahossi. Selon lui, si ces raisons étaient avérées, la décision aurait dû intervenir bien plus tôt. Il estime par ailleurs que les tensions persistantes entre l’ancien chef de l’État et l’actuel président Patrice Talon ont contribué à fragiliser la dynamique interne du parti.
Des critiques sur la gestion du parti
Au cours de son intervention, l’ancien vice-président du parti n’a pas ménagé ses critiques. Il reproche à Boni Yayi d’avoir exercé une direction qu’il qualifie de dérogatoire et d’avoir confié des responsabilités importantes à certains proches. Il cite notamment l’ancien ministre Alassane Tigri, dont il estime que la gestion n’a pas permis de renforcer l’efficacité du parti.
Léon Basile Ahossi déplore également ce qu’il considère comme un manque d’ouverture et un entourage peu favorable à une gouvernance inclusive au sein de la formation politique.
Un parti fragilisé
Pour l’ancien dirigeant, la démission du leader historique pourrait laisser le parti dans une situation délicate. Il évoque le risque d’un mouvement « décapité », estimant que la sortie simultanée de Chabi Yayi, fils de l’ancien président et secrétaire aux affaires étrangères du parti, n’est pas un simple hasard.
La direction du parti tente d’apaiser
Face aux inquiétudes, la coordination nationale de Les Démocrates a indiqué ne pas accepter pour l’instant la démission de son président. Les responsables du parti envisagent d’engager des discussions avec Boni Yayi afin de clarifier la situation et préserver l’unité de la formation.
Un contexte politique sensible
Cette crise interne intervient dans un contexte politique particulièrement stratégique, à l’approche de l’élection présidentielle béninoise de 2026 prévue dans quelques semaines. Pour plusieurs observateurs, l’évolution de la situation au sein du parti pourrait avoir un impact sur l’équilibre de l’opposition et la dynamique de la compétition électorale.
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