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Édifice inachevé de la régulation médiatique

Le siège de la HAAC, plus de deux décennies d’attente à Porto-Novo

Le siège de la HAAC, plus de deux décennies d’attente à Porto-Novo

Lancé avec de grandes ambitions au début des années 2000, le projet de construction du siège de la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC) demeure enlisé dans une longue période d’incertitudes. Entre difficultés financières, réévaluations techniques et recherche infructueuse de partenaires privés, le chantier implanté à Porto-Novo peine toujours à connaître son aboutissement.

Un chantier stoppé net

Annoncée dès 2003 comme une priorité institutionnelle, la construction du siège de l’organe de régulation des médias devait symboliser la modernisation du paysage audiovisuel national. Les travaux ont effectivement démarré en octobre 2005, suscitant de nombreux espoirs. Mais trois ans plus tard, en septembre 2008, le chantier a été interrompu faute de ressources financières complémentaires, laissant sur place une infrastructure inachevée.

Depuis lors, l’édifice est resté à l’abandon, malgré plusieurs annonces officielles laissant entrevoir une reprise imminente.

Des coûts en forte inflation

Au départ, le projet était estimé à près de deux milliards de francs CFA. Toutefois, à la suite de l’appel d’offres lancé en juillet 2004, le coût global a connu une hausse significative pour atteindre environ 4,7 milliards de francs CFA.

Face à cette situation, le gouvernement avait ordonné une mission d’expertise technique afin d’évaluer l’état réel de l’ouvrage et les dépenses nécessaires à son achèvement. Présentant les conclusions de cette démarche lors d’un point de presse, le ministre d’État, secrétaire général à la Présidence de la République, Pascal Irénée Koupaki, avait précisé que les fondations réalisées étaient jugées conformes et de bonne qualité.

Une facture toujours plus lourde

Les experts avaient alors estimé le coût des travaux restants à environ 3,8 milliards de francs CFA. À cela s’ajoutaient près de trois milliards supplémentaires destinés aux améliorations techniques recommandées pour moderniser l’infrastructure.

Au total, près de 6,8 milliards de francs CFA seraient nécessaires pour achever l’ouvrage, sans compter les charges connexes telles que l’immobilisation des équipements, les frais bancaires ou encore les éventuels contentieux liés à la suspension du chantier.

Une relance annoncée mais jamais concrétisée

En 2016, les autorités avaient pourtant annoncé la relance imminente du projet après validation du rapport d’expertise en octobre de la même année. L’option retenue consistait à associer un partenaire privé à travers un mécanisme de type BOT (Build-Operate-Transfer), permettant la reprise et l’achèvement des travaux via un appel d’offres international.

Les ministres en charge du Cadre de vie ainsi que de l’Économie et des Finances avaient reçu des instructions dans ce sens.

Mais depuis cette annonce, aucune avancée notable n’a été rendue publique.

Des interrogations persistantes

Pourquoi le projet n’a-t-il jamais redémarré ? Quels obstacles administratifs, techniques ou financiers bloquent encore sa concrétisation ? Une nouvelle orientation est-elle envisagée par les autorités ?

Autant d’interrogations qui alimentent les débats au sein de l’opinion publique, alors que plus de vingt ans après son lancement, le siège définitif de l’institution chargée de réguler l’audiovisuel et la communication continue d’attendre son heure.

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