Au Bénin, le prix du maïs poursuit sa tendance à la baisse, conséquence directe d’une production agricole abondante et d’un ralentissement des exportations. Si cette situation profite aux consommateurs en améliorant l’accessibilité à cette denrée essentielle, elle suscite en revanche des préoccupations chez les producteurs confrontés à une réduction de leurs marges.
Le marché du maïs au Bénin connaît depuis plusieurs mois une évolution marquée par une diminution progressive des prix. En janvier 2026, le kilogramme de cette céréale de grande consommation s’est négocié en moyenne à 153 FCFA, soit un recul de 2 % comparativement au mois précédent, selon le Bulletin du système d’information des marchés agricoles soutenu par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).
Une offre abondante sur les marchés
Cette tendance baissière trouve son origine dans les performances satisfaisantes de la dernière campagne agricole. Les récoltes jugées globalement bonnes ont entraîné une forte disponibilité du maïs sur les marchés nationaux. Des zones rurales aux grands centres urbains, les stocks restent importants, favorisant un approvisionnement régulier des commerçants et des consommateurs.
À cette abondance s’ajoute une demande extérieure peu dynamique, contribuant à maintenir une grande quantité de produits dans les circuits locaux.
Des prix en nette diminution selon les localités
La baisse des prix s’observe sur l’ensemble du territoire, même si des disparités persistent d’une commune à une autre. Dans certaines zones, le kilogramme de maïs est descendu en dessous de 100 FCFA, tandis que plusieurs communes affichent des prix oscillant entre 100 et 150 FCFA/kg, traduisant l’ampleur de la disponibilité du produit.
Exportations freinées et débouchés limités
Parmi les facteurs explicatifs figure également le maintien des redevances à l’exportation. Cette situation a ralenti les activités des exportateurs, réduisant les débouchés vers les marchés régionaux. Conséquence directe : une accumulation des stocks sur les marchés nationaux, accentuant la pression à la baisse sur les prix.
Entre pouvoir d’achat renforcé et revenus fragilisés
Si cette évolution représente une bouffée d’oxygène pour les ménages, qui accèdent plus facilement à cette céréale de base, elle constitue en revanche un véritable défi pour les producteurs agricoles. La diminution des prix de vente pourrait en effet affecter leurs revenus et compromettre certains investissements futurs.
Face à cette réalité, la question de l’équilibre entre protection du pouvoir d’achat des consommateurs et rentabilité pour les producteurs demeure centrale. Plusieurs acteurs de la filière appellent déjà à des mécanismes capables de stabiliser les prix et de renforcer la compétitivité du maïs béninois sur les marchés régionaux.
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