Un jour, un vieil homme posa une question simple à un jeune disciple : « Pourquoi te lèves-tu chaque matin ? »
Le jeune répondit sans hésiter : « Parce que je dois vivre, réussir ma vie et aller plus loin dans mes rêves. »
Le vieil homme sourit alors et dit : « Non. Tu te lèves parce que quelque chose en toi n’a pas encore fini de naître. »
Cette parole, en apparence anodine, révèle une vérité essentielle de la condition humaine. Ce “quelque chose”, invisible mais impérieux, empêche l’homme de se contenter du minimum, de survivre sans sens. Il s’agit d’un désir profond, silencieux, presque sacré. Un désir qui ne crie pas, mais qui appelle. Plus fort que la peur, plus constant que les circonstances, il conduit l’être humain vers sa vocation.
Avant chaque réussite visible, avant toute transformation concrète, il existe toujours un mouvement invisible. Une aspiration intérieure, une soif intime, une voix discrète qui pousse à s’élever. Ce mouvement, c’est le désir. Il précède l’action, féconde le courage et oriente la destinée. Sans désir, l’homme s’installe dans une attente résignée. Avec le désir, il répond à un appel et se met en chemin.
Le désir n’est pas un simple caprice. Il est inscrit au cœur de l’humanité comme une énergie spirituelle. Désirer, ce n’est pas seulement vouloir posséder, c’est aspirer à devenir. C’est sentir en soi l’appel à la croissance, à la maturation, à l’accomplissement. Aristote l’affirmait déjà : « Le désir est le principe du mouvement. » Rien de vivant ne progresse sans lui.
Mais le désir, pour être fécond, doit être éclairé. Tous les désirs ne conduisent pas à la paix intérieure. Certains élèvent l’âme, d’autres l’agitent et l’épuisent. Désirer sans discernement, c’est se disperser. Désirer avec sagesse, c’est transformer l’élan en vision, puis la vision en mission. Platon avertissait : « L’âme est troublée lorsque le désir n’est pas gouverné par la raison. » Le désir devient véritablement puissant lorsqu’il est guidé par la conscience.
Désirer engage tout l’être. Plus le désir est élevé, plus l’exigence intérieure est profonde. On ne peut aspirer à une vie alignée sans accepter la discipline du cœur et de l’esprit. On ne peut rêver d’une destinée transformée sans consentir à l’effort, à la patience, parfois au silence. Comme le rappelait Spinoza : « Le désir est l’essence même de l’homme. » Ce que nous nourrissons intérieurement finit toujours par nous façonner.
Dans la famille comme dans la société, le désir structure les relations et inspire les projets. Il pousse à bâtir, à servir, à améliorer le cadre de vie. Mais il doit s’inscrire dans le respect du vivre-ensemble. Un désir qui écrase l’autre se corrompt. Un désir orienté vers le bien commun s’élève et s’ennoblit. Le véritable désir ne divise pas : il relie.
Psychologie et spiritualité convergent sur ce point. Freud soulignait que le désir refoulé engendre des tensions intérieures. La sagesse spirituelle enseigne, elle, que le désir éclairé rapproche l’homme de sa vocation profonde. Saint Augustin l’exprimait avec justesse : « Nos cœurs sont sans repos tant qu’ils ne reposent dans leur juste orientation. »
Les grandes figures de l’humanité en témoignent. Nelson Mandela a porté un désir de justice plus fort que l’enfermement. Martin Luther King a transformé un désir de dignité en espérance universelle. Oprah Winfrey a fait de son désir de dépassement une source d’inspiration collective. Leur force ne résidait pas dans l’absence d’épreuves, mais dans la clarté de leur désir.
Désirer, c’est refuser la résignation. C’est répondre à l’appel intérieur plutôt que subir les circonstances. C’est accepter de rêver, mais surtout de se former, de se corriger et de marcher avec responsabilité. Désirer, c’est donner une direction à ses pas et une profondeur à sa vie. Victor Hugo l’écrivait : « Rien n’est plus puissant qu’une idée dont l’heure est venue. » Et toute idée juste naît d’un désir juste.
Alors, en ce début de semaine, prenons le temps d’interroger nos désirs. Élevons ceux qui construisent, disciplinons ceux qui dispersent. Nourrissons-les par la réflexion, la prière, l’action juste et la persévérance. Car un désir aligné aujourd’hui peut devenir demain une œuvre de transformation durable.
CHA
Femme Noire, Femme de Pouvoir !
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