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Assemblée nationale

INSTITUTIONNALISATION DU GENRE

L’ASSEMBLÉE NATIONALE PRÉPARE UN PLAN D’ACTION POUR LA MISE EN ŒUVRE DU MODÈLE DE L’UEMOA

INSTITUTIONNALISATION DU GENRE : L’ASSEMBLÉE NATIONALE PRÉPARE UN PLAN D’ACTION POUR LA MISE EN ŒUVRE DU MODÈLE DE L’UEMOA
Réunis pendant trois jours à Grand-Popo, les membres de la Cellule focale genre de l’Assemblée nationale travaillent à une meilleure appropriation du Schéma organisationnel type d’institutionnalisation du genre (STIG) de l’UEMOA. L’objectif est de traduire les principes d’égalité entre les femmes et les hommes en mécanismes concrets au sein de l’institution parlementaire. La Cellule focale genre de l’Assemblée nationale du Bénin renforce ses capacités en matière d’intégration du genre dans le fonctionnement parlementaire. Depuis le mardi 13 octobre 2026, ses membres prennent part à un atelier de trois jours à Grand-Popo, consacré à l’appropriation du Schéma organisationnel type d’institutionnalisation du genre (STIG), élaboré sous l’impulsion de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Organisée par le comité de pilotage de la Cellule focale genre, cette rencontre a été officiellement ouverte par l’honorable Éléonore Yayi Ladékan, présidente de la Commission de l’éducation, de la culture, de l’emploi et des affaires sociales. Elle intervenait au nom du président de l’Assemblée nationale, le professeur Joseph Fifamin Djogbénou. Plusieurs personnalités ont pris part à cette rencontre, notamment l’honorable Djamilatou Sabi Mohamed, présidente du Caucus des femmes parlementaires du Bénin, le directeur de la questure et le directeur de l’UNACEB, aux côtés des membres de la Cellule focale genre. Un cadre de référence pour intégrer le genre dans l’action parlementaire Dans son allocution de bienvenue, la cheffe de la Cellule focale genre, Carolle Ikoafe, a exprimé sa reconnaissance au président de l’Assemblée nationale pour son soutien à l’organisation de cet atelier. Elle a également salué l’accompagnement de la Commission de l’UEMOA ainsi que la contribution des autorités administratives et des services parlementaires impliqués dans la préparation des travaux. Elle a rappelé que cette rencontre s’inscrit dans le prolongement de la séance de travail du 2 juillet dernier, au cours de laquelle une mission d’appui à l’implémentation du STIG avait présenté le dispositif et les motivations ayant conduit à sa conception. Pour la responsable de la Cellule focale genre, l’enjeu est désormais d’aller au-delà de la simple découverte du document afin d’en maîtriser les principes et les modalités d’application. Adopté par le Conseil des ministres de l’UEMOA, le STIG propose un cadre permettant d’intégrer systématiquement les besoins et les préoccupations des femmes et des hommes dans les politiques publiques, les programmes, les budgets et les pratiques de gestion. Son appropriation par l’Assemblée nationale doit ainsi contribuer à faire de la prise en compte du genre un principe transversal dans les études, les recherches, les projets et les programmes de l’institution, mais également dans ses missions de contrôle et d’évaluation de l’action gouvernementale. Vers un plan d’action opérationnel Au cours des trois jours de travaux, les participants sont appelés à approfondir plusieurs aspects du dispositif. Les communications prévues portent notamment sur le cadre conceptuel du STIG, le diagnostic de l’institutionnalisation du genre dans l’espace communautaire, les orientations stratégiques ainsi que les mécanismes de coordination, de pilotage, de mise en œuvre et de suivi-évaluation. Des travaux de groupe permettront également de préciser la place et le rôle de la Cellule focale genre dans l’architecture du dispositif, en tenant compte des réalités et des spécificités de l’Assemblée nationale du Bénin. L’aboutissement attendu est l’élaboration d’un plan d’action concret destiné à faciliter l’appropriation et l’opérationnalisation du STIG au sein de l’institution parlementaire. Pour Carolle Ikoafe, ce document constituera un indicateur essentiel de la réussite de l’atelier. Il devra permettre de passer des orientations générales à des actions clairement définies et adaptées aux missions de l’Assemblée nationale. L’égalité entre les femmes et les hommes, une exigence de justice et de droit Procédant à l’ouverture officielle des travaux, l’honorable Éléonore Yayi Ladékan a insisté sur la nécessité de faire de l’égalité entre les femmes et les hommes une réalité tangible dans les décisions et les pratiques institutionnelles. Au nom du président de l’Assemblée nationale, elle a rappelé que le principe d’égalité consacré par la Constitution doit se traduire dans les textes de loi, les choix budgétaires et les programmes publics. Selon elle, la reconnaissance juridique de l’égalité ne suffit pas à garantir son effectivité. Il importe également de mettre en place des mécanismes permettant de mesurer les effets des décisions publiques sur les femmes et les hommes, afin de mieux répondre aux besoins des différentes composantes de la population. Dans cette perspective, elle considère l’institutionnalisation du genre comme une évolution nécessaire du fonctionnement des institutions. Il ne s’agit plus de traiter cette question comme une simple intention, mais d’en faire une dimension permanente de la conception, de l’exécution et de l’évaluation des politiques et des actions publiques. Une adaptation aux réalités institutionnelles du Bénin Revenant sur la portée du STIG, Éléonore Yayi Ladékan a souligné que ce modèle constitue un cadre de référence adaptable aux particularités institutionnelles de chaque État membre de l’UEMOA. Pour elle, l’Assemblée nationale doit s’approprier cet outil, l’adapter à son organisation et le traduire en procédures et en pratiques susceptibles de produire des résultats mesurables. Elle a notamment évoqué le rôle attendu de la commission chargée des Finances dans l’analyse de la sensibilité au genre des projets de loi de finances. Le budget représente, selon elle, un levier essentiel pour transformer les engagements en ressources et en actions concrètes. La Commission de l’éducation, de la culture, de l’emploi et des affaires sociales est, quant à elle, appelée à contribuer à la promotion des droits des femmes et à leur autonomisation. Ces orientations traduisent la volonté de faire de la prise en compte du genre une responsabilité partagée entre les différentes composantes de l’institution parlementaire, au-delà des seules structures spécifiquement chargées de cette question. Des engagements concrets attendus au terme des travaux En conclusion, l’honorable Éléonore Yayi Ladékan a invité les participants à identifier les procédures, les outils et les mécanismes les mieux adaptés au contexte de l’Assemblée nationale du Bénin. Elle a particulièrement insisté sur la nécessité de doter l’institution d’un plan d’action réaliste, assorti d’un calendrier, de responsabilités clairement définies et de moyens appropriés. Pour elle, l’efficacité du dispositif dépendra moins de son adoption formelle que de sa traduction effective dans les pratiques quotidiennes de l’institution. À Grand-Popo, l’enjeu est donc de poser les bases d’une démarche structurée et durable, capable de renforcer la prise en compte de l’égalité entre les femmes et les hommes dans le travail parlementaire. À travers cette initiative, l’Assemblée nationale entend inscrire l’institutionnalisation du genre dans une logique de résultats, au service d’une gouvernance plus équitable et d’une action publique davantage attentive aux besoins de toutes et de tous.
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