CADRE DE VIE ET OCCUPATION DU DOMAINE PUBLIC
GRAND NOKOUÉ : LE DÉGUERPISSEMENT À GÉOMÉTRIE VARIABLE ?
Porto-Novo, Cotonou, Abomey-Calavi, Sèmè-Podji et Ouidah sont concernés par les enjeux d’occupation des espaces publics. Mais sur le terrain, la visibilité et la continuité des opérations soulèvent des interrogations. Les autorités sont attendues sur l’harmonisation des interventions et le respect des règles dans toutes les communes.
La libération des abords des voies publiques est devenue un enjeu majeur pour la fluidité de la circulation, la sécurité des usagers et l’assainissement du cadre de vie dans le Grand Nokoué. Pourtant, une interrogation persiste : les opérations de déguerpissement sont-elles conduites avec la même détermination dans toutes les communes de cette grande agglomération ?
À Porto-Novo et à Cotonou, la question de l’occupation des trottoirs, des accotements et des emprises publiques reste particulièrement sensible. Entre étalages commerciaux, installations provisoires et occupations diverses, les difficultés rencontrées par les piétons et les automobilistes appellent des réponses durables. Mais la réussite d’une telle politique dépend aussi de sa cohérence territoriale.
Une opération qui doit concerner tout le Grand Nokoué
Le Grand Nokoué ne se limite pas aux deux principales villes que sont Cotonou et Porto-Novo. Abomey-Calavi, Sèmè-Podji et Ouidah font également partie de cet ensemble territorial, où les enjeux d’aménagement, de mobilité et d’occupation du domaine public nécessitent une action coordonnée.
Dès lors, les citoyens sont en droit de s’interroger sur l’évolution des opérations dans chacune de ces communes. Les interventions se poursuivent-elles partout ? Les équipes chargées de faire respecter les règles sont-elles toujours mobilisées ? Existe-t-il un calendrier harmonisé permettant d’assurer un suivi régulier des espaces libérés ?
Ces questions méritent des réponses précises de la part des autorités compétentes. Car une politique de libération des voies publiques ne peut produire des résultats durables si son application paraît inégale d’une commune à une autre.
Au-delà du déguerpissement, la nécessité d’un suivi permanent
Libérer les trottoirs et les emprises publiques constitue une première étape. Encore faut-il empêcher leur réoccupation anarchique et veiller à ce que les voies dégagées le restent dans la durée. Cela suppose des contrôles réguliers, une sensibilisation des populations et, lorsque les circonstances le permettent, des solutions adaptées aux commerçants dont les activités sont affectées.
L’objectif ne devrait pas être uniquement de procéder à des déguerpissements ponctuels, mais de garantir un meilleur partage de l’espace public entre piétons, automobilistes, commerçants et riverains.
La coordination entre les municipalités et les services compétents apparaît donc essentielle. Une communication officielle sur les opérations réalisées, celles en cours et les prochaines interventions permettrait aux populations de mieux comprendre la démarche et d’en apprécier les résultats.
Les autorités attendues au tournant
Au fond, la question est simple : le déguerpissement des abords des voies dans le Grand Nokoué se poursuit-il effectivement dans toutes les communes, ou observe-t-on un ralentissement des interventions dans certaines localités ?
Sans préjuger de la situation réelle sur chaque axe, cette interrogation appelle un état des lieux transparent. Les autorités municipales et les services compétents gagneraient à préciser les mesures prises, les difficultés rencontrées et les dispositions envisagées pour garantir une application cohérente des règles.
Car, en matière de cadre de vie, l’efficacité d’une décision publique se mesure autant à son lancement qu’à sa continuité et à ses résultats sur le terrain. Dans le Grand Nokoué, les populations attendent donc davantage de visibilité, de coordination et de constance pour que la libération des voies publiques devienne une réalité durable dans toutes les communes concernées.