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Réforme électorale au Bénin : les petits partis face à un choix crucial

Fusion ou disparition : l’impasse des partis minoritaires

Fusion ou disparition : l’impasse des partis minoritaires

Les dernières élections législatives ont mis en lumière une réalité politique de plus en plus difficile pour les petits partis au Bénin. Les nouvelles dispositions électorales semblent dresser un mur infranchissable entre eux et l’Assemblée nationale, laissant peu d’alternatives à part la fusion ou les alliances avec les deux grands piliers de la mouvance présidentielle, l’Union progressiste le Renouveau (Up-R) et le Bloc Républicain (BR).

Des seuils d’éligibilité plus exigeants

Selon la législation électorale actuelle, pour obtenir un siège à l’Assemblée nationale, un parti doit recueillir au moins 10 % des suffrages exprimés au niveau national et 20 % dans chaque circonscription électorale. Une barre haute que des partis comme Fcbe, Moele-Bénin ou Les Démocrates n’ont pas réussi à franchir lors des dernières consultations.

Claudine Prudencio, un choix stratégique

Face à cette réalité, Claudine Prudencio, présidente du Rassemblement national (RN), a choisi de fusionner son parti avec l’Up-R. Cette stratégie lui a permis de retrouver un siège à l’Assemblée nationale, au titre de l’« office réservé à la femme » dans la 6e circonscription électorale, soulignant la nécessité pour les petits partis de repenser leurs alliances pour survivre.

Moele-Bénin, le pari de l’indépendance

À l’inverse, Moele-Bénin, dirigé par Jacques Ayadji, refuse toute fusion, souhaitant préserver son identité politique. Les résultats électoraux montrent pourtant que l’option de l’indépendance est de plus en plus risquée : avec seulement 1,19 % des suffrages exprimés au niveau national, le parti reste très loin du seuil requis.

Une réforme au cœur des débats

La réforme électorale adoptée en mars 2024 visait à consolider le système politique en encadrant le soutien aux partis et candidats. Elle impose notamment que les candidats à l’élection présidentielle soient soutenus par au moins 15 % du collège des parrains, répartis sur 3/5 des circonscriptions législatives.

Cependant, ces dispositions suscitent des critiques. L’opposition et plusieurs observateurs dénoncent des conditions jugées trop restrictives, en particulier le seuil de 20 % des voix exigé dans chaque circonscription pour accéder à un siège de député. Même les évêques du Bénin appellent à « des actions concrètes garantissant des élections inclusives, transparentes et apaisées ».

Conclusion

Les nouvelles règles électorales semblent favoriser les grands partis au détriment des plus petits, obligeant ces derniers à choisir entre fusion ou marginalisation. Alors que le RN et certains partis ont déjà franchi le pas, Moele-Bénin reste attaché à son autonomie. La question reste entière : la réforme électorale doit-elle être révisée pour offrir une plus grande représentativité aux partis minoritaires et renforcer la diversité politique au Bénin ?

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