À travers une tribune engagée, Gertrude Nadia Sèna Dossa, troisième adjointe au maire de Porto-Novo, ancienne Miss Bénin et Officier de l’Ordre national du Mérite, porte un plaidoyer fort en faveur des femmes béninoises. Actrice impliquée dans les questions de genre au sein de l’ANCB et du réseau YELO de CGLU Afrique, elle appelle à une transformation profonde des conditions de vie des femmes, au-delà des avancées déjà enregistrées.
Une décennie de réformes structurantes
Au Bénin, la promotion de la femme n’est plus un simple engagement de principe. En dix ans, elle s’est progressivement imposée comme un pilier des politiques publiques. Réformes juridiques, dispositifs institutionnels dédiés et premiers mécanismes opérationnels ont permis d’amorcer une dynamique réelle en faveur des femmes, qui constituent plus de la moitié de la population.
Dans cette continuité, le projet de société de Romuald Wadagni ambitionne de franchir un nouveau cap, en consolidant ces acquis pour accélérer l’émancipation féminine, condition essentielle d’un développement équilibré.
Des progrès reconnus à l’international
Les avancées du Bénin sont désormais visibles au niveau mondial. Selon le rapport 2025 du Forum économique mondial, le pays figure parmi les trois nations ayant enregistré les progrès les plus significatifs en matière de réduction des inégalités de genre. Une progression notable qui traduit l’impact des réformes engagées.
La Banque mondiale, à travers son indice « Women, Business and the Law 2026 », confirme également cette évolution, en attribuant au Bénin un score de 67,60 sur 100, témoignant du renforcement du cadre légal en faveur des femmes.
Des institutions plus actives et plus sollicitées
Créé en 2021, l’Institut national de la femme s’impose comme un acteur clé de cette politique. Son activité a connu une croissance remarquable, passant de moins de 300 dossiers traités à plus de 4 400 en quatre ans, notamment dans la lutte contre les violences basées sur le genre. Un indicateur révélateur d’une meilleure prise en charge, mais aussi d’une confiance accrue des populations.
Des acquis concrets, mais encore insuffisants
Sur le plan politique, la réforme de 2019 a permis une avancée notable de la représentation féminine à l’Assemblée nationale, avec au moins 28 femmes députées sur 109.
Sur le plan économique, plus de 500 000 femmes ont bénéficié de programmes d’autonomisation à travers la microfinance et l’entrepreneuriat, posant ainsi les bases d’une inclusion durable.
Wadagni veut accélérer la transformation
Pour Romuald Wadagni, l’enjeu n’est plus de poser les fondations, mais de les rendre pleinement opérationnelles. Sa vision repose sur une méthode pragmatique : consolider les acquis, optimiser les mécanismes existants et déployer des actions à fort impact.
Éducation : sécuriser l’avenir des jeunes filles
Parmi les mesures phares, la gratuité de l’enseignement secondaire pour les filles et la construction de six lycées dédiés dans plusieurs villes du pays visent à lever les obstacles à la scolarisation et à renforcer l’autonomie future des jeunes filles.
Santé et finance : agir dès la base
Le programme prévoit également un accompagnement nutritionnel dès la grossesse, afin de réduire les vulnérabilités précoces.
Dans le domaine économique, la digitalisation de la microfinance entend faciliter l’accès au crédit, avec des délais raccourcis à 48 heures, en ciblant prioritairement les femmes entrepreneures et les zones peu desservies par les banques.
Monde rural : un levier stratégique
Avec près de 70 % des femmes vivant en milieu rural, la mécanisation agricole apparaît comme une réponse majeure. Elle vise à alléger la pénibilité du travail, améliorer les rendements et libérer du temps pour d’autres activités génératrices de revenus.
Le défi des mentalités et de l’application des lois
Malgré ces avancées, un écart persiste entre les textes et leur application concrète. Le projet de Wadagni entend s’attaquer à cette réalité, en renforçant l’effectivité des dispositifs existants et en accompagnant une évolution des mentalités.
Une sous-représentation persistante au niveau local
Les dernières élections municipales illustrent cette limite : seulement 4 femmes maires sur 77 communes, soit environ 5 %. Un contraste marquant avec les progrès enregistrés au niveau national, qui souligne la nécessité d’intensifier les actions en faveur de la participation politique des femmes.
Vers une nouvelle étape
Le Bénin entre désormais dans une phase décisive : celle de la transformation des acquis en résultats tangibles. L’ambition portée par Romuald Wadagni s’inscrit dans cette logique : faire des droits des femmes une réalité vécue sur l’ensemble du territoire.
Au-delà des réformes, c’est une véritable mutation sociale qui est en jeu.
Soyez le premier à commenter cet article