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Taxis-motos à Porto-Novo

Entre dégradation visible et urgence de réforme

Entre dégradation visible et urgence de réforme

À Porto-Novo, les taxis-motos, communément appelés « zémidjans », demeurent au cœur de la mobilité urbaine. Indispensables au quotidien des populations, ils assurent une desserte rapide des quartiers, y compris les zones enclavées. Mais derrière cette utilité indéniable, l’image du secteur se dégrade progressivement, suscitant inquiétudes et interrogations.

Dans les rues de la capitale, le constat est frappant : de nombreux conducteurs arborent des uniformes usés, parfois déchirés ou rafistolés. Cette apparence négligée, à laquelle s’ajoutent parfois des manquements à l’hygiène corporelle, ternit l’image d’un métier pourtant vital. Pour les usagers, la promiscuité imposée par ce mode de transport rend ces insuffisances encore plus perceptibles et préoccupantes.

Un pilier économique et social fragilisé

Malgré ces dérives, les zémidjans occupent une place stratégique dans l’économie locale. Ils constituent une source de revenus pour une frange importante de la population, notamment des jeunes et des travailleurs en reconversion. Leur souplesse et leur accessibilité en font un maillon essentiel du système de transport urbain à Porto-Novo.

Cependant, ce secteur évolue dans un environnement marqué par de nombreuses insuffisances. Les questions de sécurité routière restent préoccupantes, les taxis-motos étant fréquemment impliqués dans des accidents. À cela s’ajoutent des conditions de travail précaires et l’absence, dans la majorité des cas, de couverture sociale pour les conducteurs.

Entre insécurité, précarité et manque d’encadrement

Le déficit d’encadrement du secteur accentue les risques. Certains conducteurs, peu soucieux des règles élémentaires de conduite ou de présentation, exposent les usagers à des dangers évitables. Le non-respect des normes professionnelles, combiné à des comportements inadaptés, contribue à fragiliser davantage la confiance du public.

Face à ces réalités, la nécessité d’une régulation plus rigoureuse et d’une professionnalisation du métier s’impose avec acuité.

Modernisation annoncée : un espoir à concrétiser

Des initiatives sont toutefois en cours pour redonner un nouveau souffle au secteur. À travers le Projet de Mobilité Urbaine Durable du Grand Nokoué (PMUD-GN), les autorités ambitionnent de moderniser le transport urbain, notamment par l’introduction de motos électriques et le renforcement de la sécurité routière.

Mais au-delà de ces innovations techniques, la réforme devra intégrer des dimensions essentielles telles que la formation des conducteurs, l’amélioration de leur présentation, ainsi que leur accès à une protection sociale. Autant de leviers indispensables pour revaloriser la profession et garantir un service de qualité aux usagers.

Un défi collectif pour l’avenir

La transformation du secteur des zémidjans ne saurait reposer sur les seules autorités publiques. Elle implique également les syndicats, les conducteurs eux-mêmes et l’ensemble des acteurs concernés. Une synergie d’actions est nécessaire pour redorer le blason de ce métier devenu incontournable à Porto-Novo.

À l’heure où la capitale béninoise aspire à une mobilité plus moderne et durable, la remise à niveau des taxis-motos apparaît non seulement comme une nécessité, mais comme une urgence.

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