Le dossier relatif au décès de la parturiente Rebecca Dossou, survenu après une intervention chirurgicale au Centre hospitalier universitaire départemental de l’Ouémé, connaît une nouvelle étape judiciaire. L’audience s’est ouverte le mercredi 18 février 2026 devant le Tribunal de première instance de première classe de Porto-Novo, marquant le début d’une procédure très attendue par l’opinion publique.
Trois agents de santé sont poursuivis pour homicide involontaire, tandis qu’un quatrième répond des faits de non-assistance à personne en péril.
Une intervention qui vire au drame
Les faits remontent au 18 décembre 2025. Ce jour-là, Rebecca Dossou perd la vie au CHUD Ouémé, quelques heures après une césarienne programmée. Selon les déclarations de son époux, la grossesse faisait pourtant l’objet d’un suivi médical régulier au sein de l’établissement sanitaire.
Après l’intervention chirurgicale, la patiente aurait présenté des complications graves. Le conjoint de la défunte évoque des manquements dans la prise en charge médicale, estimant que les mesures nécessaires n’auraient pas été prises à temps pour sauver son épouse. C’est sur cette base qu’il a décidé de saisir la justice.
Des accusations lourdes
Au cœur du dossier, la question de la responsabilité médicale. Les prévenus sont soupçonnés d’avoir manqué à leurs obligations professionnelles face à la dégradation de l’état de santé de la patiente. Pour la partie civile, une réaction plus rapide et une meilleure coordination des soins auraient pu éviter l’issue fatale.
Ces accusations sont contestées par certains membres du personnel médical, qui attendent les débats contradictoires pour faire valoir leurs arguments et expliquer les conditions réelles de l’intervention.
Une audience renvoyée
Ouverte aux environs de 15 heures, l’audience devait initialement aborder le fond du dossier. Elle a finalement été renvoyée au 25 février 2026 à la demande du plaignant, désireux de bénéficier d’un accompagnement juridique approprié.
Entre-temps, un élan de solidarité s’est manifesté autour du veuf, plusieurs soutiens s’étant mobilisés afin de lui permettre de constituer une défense solide.
Les autorités appellent à la sérénité
Face à l’émotion suscitée par cette affaire, les autorités béninoises ont annoncé l’ouverture d’investigations administratives parallèlement à la procédure judiciaire. L’objectif affiché est de faire toute la lumière sur les circonstances du décès.
De son côté, l’Ordre national des médecins du Bénin a invité les différentes parties à la retenue, rappelant la nécessité de respecter la présomption d’innocence et le déroulement normal des procédures.
Une affaire suivie de près par l’opinion
À Porto-Novo comme dans le reste du pays, ce procès suscite une vive attention. Au-delà du drame familial, il relance le débat sur la qualité de la prise en charge hospitalière et la responsabilité professionnelle dans les structures sanitaires publiques.
Pour la famille de la défunte, cette étape judiciaire représente un espoir de vérité et de réparation. Pour l’opinion, elle devra surtout permettre d’établir clairement les responsabilités et de renforcer la confiance des citoyens dans le système de santé.
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